Adapter les bâtiments et les quartiers au changement climatique

Canicules, fortes précipitations, périodes de sécheresse : la dernière Lunch-Session SNBS a montré de manière concrète quelles mesures peuvent être mises en œuvre pour adapter les bâtiments et surtout les quartiers au changement climatique, et pourquoi ces enjeux doivent être intégrés dès les premières phases d’un projet. 

Lors de cette Lunch-Session, Régis Matthey, du bureau Impact Living, a abordé un thème de plus en plus présent dans la planification, la construction et l’exploitation des bâtiments : comment concevoir des lieux capables de rester agréables, fonctionnels et robustes dans un climat qui évolue ?

Réduire les vulnérabilités

La conférence a rappelé que l’adaptation climatique ne consiste pas seulement à réagir aux épisodes extrêmes. Elle invite surtout à réduire les vulnérabilités des bâtiments et des quartiers : surchauffe estivale, gestion de l’eau, confort des usagers, biodiversité, sols perméables ou qualité des espaces extérieurs.

Ces questions concernent autant les nouvelles constructions que les rénovations, les bâtiments administratifs que les quartiers de logements, en milieu urbain comme en périphérie. Elles demandent une lecture attentive du contexte : exposition au soleil, présence de végétation, capacité d’infiltration, usages prévus, contraintes techniques et besoins des personnes qui utiliseront les lieux.

Un thème transversal dans le SNBS

L’adaptation au changement climatique traverse plusieurs critères du SNBS-Bâtiment et du SNBS-Quartier. Elle ne relève donc pas d’une seule discipline, mais d’une coordination entre maîtres d’ouvrages, architectes, spécialistes, paysagistes et exploitants.

Cette thématique est intégrée dans plusieurs thèmes et critères du SNBS-Bâtiment et du SNBS-Quartier. Elle concerne notamment le confort et la santé des usagers (14), la biodiversité (341), la gestion de l’eau (342), les espaces d’interaction sociale (131), la qualité du site (11) ainsi que la résilience et la robustesse des bâtiments et des quartiers face aux aléas climatiques (21-22). Cette approche transversale permet de prendre en compte les effets du climat futur à différentes échelles du projet et tout au long de son cycle de vie.

Régis Matthey a notamment souligné l’importance d’intégrer ces réflexions dès les premières phases SIA. Les décisions prises au début du projet influencent durablement la capacité d’un bâtiment ou d’un quartier à faire face aux chaleurs, aux pluies intenses ou aux périodes sèches.

Des leviers très concrets

Les exemples présentés ont mis en évidence des mesures simples à comprendre, mais importantes à anticiper : préserver les arbres existants, créer de l’ombre, favoriser l’évapotranspiration, limiter les surfaces imperméables, choisir des revêtements adaptés, retenir l’eau sur la parcelle ou encore penser les circulations d’air.

À l’échelle du quartier, ces mesures peuvent contribuer à créer des espaces plus frais, plus vivants et plus agréables à utiliser. À l’échelle du bâtiment, elles soutiennent le confort d’été, la qualité d’exploitation et la résilience du projet dans la durée.

La Lunch-Session a ainsi rappelé que l’adaptation au changement climatique n’est pas un sujet à traiter en marge du projet. Elle fait partie des choix de conception qui permettent de construire et de transformer des bâtiments et des quartiers mieux préparés aux conditions climatiques futures.